Abandon de poste : ce qu'il faut savoir



L’abandon de poste se caractérise par l’absence injustifiée et prolongée du salarié sur son lieu de travail sans autorisation de l’employeur. Un salarié qui abandonne son poste sans justification s'expose à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement. Est-ce vraiment la bonne solution pour un salarié qui souhaite quitter son emploi ?


Plusieurs facteurs peuvent motiver le salarié à commettre un abandon de poste. Ainsi, le fait de ne plus se sentir bien dans son travail ou le fait d’avoir trouvé un nouvel emploi sont des motifs récurrents.


Certaines absences sont justifiées par des motifs légitimes et ne peuvent être qualifiées d'abandon de poste. C’est notamment le cas du droit de retrait du salarié qui quitte le travail pour des raisons de santé ou de sécurité. Le salarié peut également se rendre au chevet d’un parent mourant ou encore ne pas se présenter sur son lieu de travail en l’absence de convocation à une visite médicale de reprise suite à un arrêt maladie.


Néanmoins, dans la majorité des cas, l’abandon de poste résulte de la volonté du salarié de mettre fin à son contrat de travail en évitant de démissionner afin de bénéficier des avantages du licenciement, et notamment, la possibilité de percevoir l'allocation de retour à l'emploi.


En réalité, l'abandon de poste présente plus d’inconvénients que d’avantages pour le salarié.



Avantages


L’avantage de l’abandon de poste peut consister en la rapidité de la procédure si l’employeur est dans de bonnes dispositions.


En effet, en cas d’absence du salarié, ce dernier dispose de 48 heures pour justifier de son absence.


A l’issue de ce délai et en l’absence de justification comme l'envoi d'un d’arrêt maladie par exemple, l’employeur envoie alors une mise en demeure de justifier son absence au salarié pour qu’il reprenne son poste, en lui indiquant les risques qu’il encourt en cas d’absence prolongée.


Si le salarié ne répond pas sous 8 jours, l’abandon de poste est qualifié.


L’employeur mettra alors en œuvre la procédure de licenciement qui pourra durer environ 30 jours.


Cependant, cette configuration n’est pas la plus fréquente. L’employeur sera rarement dans de bonnes dispositions envers le salarié qui commet un abandon de poste et pourrait essayer de lui porter préjudice.


Inconvénients


Le salarié qui effectue un abandon de poste s’attend souvent à être licencié rapidement afin de s’inscrire ensuite à pôle emploi. En réalité, la procédure de licenciement dure généralement quelques mois, et plusieurs inconvénients se présentent alors:


- Le premier inconvénient de l’abandon de poste consiste en l’absence de tout revenu du salarié entre le jour de son abandon de poste et le jour de son licenciement.


En effet, en cas d’absence du salarié, le salaire, qui est la rémunération du travail effectué, est alors suspendu.


- De plus, tant que le salarié n’est pas licencié, il ne pourra pas s’inscrire à pôle emploi et donc bénéficier des allocations chômages. Or, cette période peut donc durer plusieurs mois.

-Par ailleurs, tant que le salarié n’est pas licencié, il ne pourra pas prendre de nouvel emploi.

L’employeur peut également décider de ne pas licencier le salarié malgré son absence. Ce dernier se retrouvera alors sans revenu et sans emploi.


- Autre inconvénient, dans la plupart des cas, le salarié sera licencié pour faute grave, privative de l'indemnité de licenciement et de préavis. Le salarié ne percevra que le paiement des jours de congés acquis et non pris.

- Il est également possible que l’abandon de poste soit requalifié en démission. Il produira alors les effets d’une démission et le salarié ne pourra pas bénéficier des allocations chômage.


- Enfin, l’employeur pourrait saisir le Conseil de Prud’hommes afin de solliciter une indemnité de brusque rupture. Cette possibilité suppose que l’employeur puisse démontrer une intention de nuire, ou un abus manifeste du salarié.


L’abandon de poste n’est donc pas recommandé pour le salarié qui souhaiterait quitter son emploi. Ce dernier serait plus avisé de négocier une rupture conventionnelle.


Nathalie DAHAN AOUATE - Marine LE CONTE


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